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Le racisme tue. Défendre la République, combattre la haine.

Les Radicaux de Gauche expriment leur profonde émotion après l’attentat à caractère raciste commis ce jour à Trappes et à La Verrière, qui a coûté la vie à un homme et blessé plusieurs autres personnes, dont une enfant. Les qualifications retenues par les autorités judiciaires imposent à chacun gravité, dignité et responsabilité.

Nous adressons nos pensées aux victimes, aux blessés, à leurs familles ainsi qu’à l’ensemble des habitants de Trappes, de La Verrière et des Yvelines.

Aujourd’hui, une vérité simple doit être affirmée avec force : le racisme tue.

Il tue lorsqu’un individu passe à l’acte. Mais il prospère bien avant cela, dans un climat où la stigmatisation devient ordinaire, où les amalgames sont répétés jusqu’à paraître acceptables, où certains de nos concitoyens sont sans cesse renvoyés à leurs origines, à leur religion réelle ou supposée, à leur quartier ou à leur condition sociale comme si cela définissait leur place dans la communauté nationale.

L’attentat raciste qui a frappé aujourd’hui notre département nous oblige à regarder cette réalité en face. Comme l’a rappelé le maire de Trappes, certains discours peuvent « armer idéologiquement » ceux qui sont capables de passer à l’acte.

Depuis des années, les discours racistes, xénophobes et islamophobes se sont progressivement libérés dans l’espace public. Des polémiques construites sur la désignation de boucs émissaires occupent le débat. Des responsables politiques expliquent que les difficultés de notre pays trouveraient leur origine dans l’immigration, les quartiers populaires ou les Français de confession musulmane. À force d’être répétés, ces discours finissent par banaliser l’inacceptable et donner une légitimité dangereuse aux préjugés.

Cette banalisation n’est pas une abstraction.
Dans notre propre département, dans notre intercommunalité à Maisons-Laffitte, nous avons récemment vu un maire qualifier des personnes issues de l’immigration et des quartiers populaires de « hordes de jeunes sauvages » et évoquer un prétendu « clientélisme ethnique ». Nous avons vu des revendications sociales et des mouvements lycéens réduits à des stéréotypes raciaux et à des généralisations visant des populations entières.

Ces mots ne sont pas anodins. Ils participent d’un même climat dans lequel certains citoyens sont constamment renvoyés à leurs origines, à leur ethnie, à leur religion réelles ou supposées ou à leur lieu d’habitation. Ils nourrissent l’idée qu’il existerait des Français plus légitimes que d’autres. Ils opposent là où la République doit rassembler.

Soyons clairs : les auteurs des crimes sont seuls responsables de leurs actes. Mais les responsables publics ont, eux aussi, une responsabilité particulière. Celle de ne pas attiser les peurs. Celle de ne pas essentialiser des populations entières. Celle de ne pas transformer les difficultés sociales en affrontement identitaire.

La République n’est pas l’organisation de la méfiance entre citoyens. Elle est la promesse de l’égalité des droits, de la laïcité, de la fraternité et de l’universalisme. Elle ne reconnaît ni citoyens de seconde zone, ni communautés à suspecter, ni ennemis de l’intérieur à désigner à la vindicte publique.

Face à cette tragédie, nous appelons :

  • à la manifestation de toute la vérité judiciaire ;
  • à la plus grande fermeté contre les crimes et délits racistes ;
  • à la condamnation sans ambiguïté de tous les discours de haine ;
  • au respect scrupuleux des principes républicains par tous les élus ;
  • au rassemblement des forces démocratiques autour des valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité.

Dans ce moment douloureux, notre devoir collectif est de refuser la surenchère, les amalgames et les instrumentalisations.

Car le silence face à la banalisation du racisme finit toujours par le renforcer.

Nous refusons que la contestation sociale, les difficultés de certains territoires ou les tensions de notre époque servent de prétexte à la désignation de boucs émissaires. Nous refusons que la haine devienne une opinion parmi d’autres.

La France sera toujours plus forte par la fraternité que par la division.

Le racisme tue. La République protège.

Les Radicaux de Gauche combattront toujours celles et ceux qui sèment la haine.